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C'est en passant par la route de la soie que se sont côtoyées et rassemblées les cultures et civilisations de l'Inde, du Tibet et de la Chine. A cette époque, Bouddhisme et Taoïsme se sont rencontrés sur la voie harmonieuse du corps et de l'esprit. De 1974 à 1985, j'ai reçu de mes maîtres les enseignements de la voie taoïste du T'ien Ti.
Les taoïstes du T'ien Ti menaient une vie nomade. Leurs valeurs étaient celles de l'indépendance, de l'autonomie et de la liberté spirituelle propre aux hommes véritables : les Tchen Jen. En vivant au rythme des saisons ils ont accédé aux connaissances énergétiques qui conditionnent la force vitale de l'homme entre ciel (T'ien) et terre (Ti). La maîtrise de ce savoir et l'intérêt porté à la vie les ont conduits sur la voie de la longévité. En observant les animaux, considérés comme leurs frères supérieurs, ils ont appris l'art du mimétisme et l'harmonie du mouvement utile à l'éveil spirituel de tout être humain.
Passant sous le porche de la dualité, ils ont vécu l'expérience du combat. Celle-ci s'avère toujours affligeante et douloureuse lorsque le but devient autre que celui de se vaincre soi-même. Forts de leur savoir, ils ont créé l'art martial afin que par la pratique régulière les plus dépourvus des hommes aient la force de rester dignes en toutes circonstances.
Au moment où la Chine découvrait le Kung Fu Wu Shu ou l'art de se parfaire par le combat, les maîtres du T'ien Ti avaient nommé Dahara l'ensemble des techniques qui composaient leurs arts de combat. Le mot sanskrit « Dahara » évoque le centre de la fleur de lotus. L'hindouisme y place une cité céleste : celle de Brahmâ. Le taoïsme de Kun Lun y voit le vide cosmique à l'origine de la vie et de ses formes.
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